Animation 3D : Emmanuel Peter et Marc Bellan répondent aux questions du RECA

Etudiants animéation 3D IIM

En juin dernier, l’IIM a rejoint le RECA (Réseau Français des Ecoles de Cinéma d’Animation). Emmanuel Peter, le directeur de l’IIM, ainsi que Marc Bellan, le responsable des programmes animation 3D, ont récemment été interviewés par le média du réseau.

Le RECA regroupe de grandes écoles qui « font l’objet d’une reconnaissance incontestable par le milieu professionnel, en France et à l’étranger ».

 1) Pouvez-­vous en quelques mots présenter votre établissement ?

Emmanuel Peter IIM directeur

Emmanuel Peter, directeur général de l’IIM

Emmanuel Peter : L’IIM existe depuis 1995, couvre tous les métiers du digital et compte aujourd’hui 1700 étudiants. Notre projet est d’orienter progressivement dans les différents domaines du digital où nous avons 5 familles métiers dont « l’animation et la 3D » qui à elle seule est une véritable école dans l’école. Nous avons aussi un axe métier « jeux vidéo », un axe métier « communication digitale et e-­business »,un axe métier « développement web » et un axe métier « création et design ».

Nos cursus se déroulent en 5 ans, avec un diplôme intermédiaire de « chef de projet digital » en 3ème année (titre RNCP niveau 2). En fin de 5ème année,la formation est validée par un titre RNCP de niveau 1: « Réalisateur numérique » pour la filière animation 3D. L’IIM compte un réseau de 2000 anciens élèves. Actuellement, les promos de démarrage se composent d’environ 400 étudiants. La filière animation quant à elle compte de 50 à 60 étudiants par année.

Marc Bellan : La 1ère année offre un tronc commun indifférencié pour les 5 axes métiers. C’est une année préparatoire un peu différente de ce qui peut se pratiquer dans d’autres établissements puisque pendant cette année, les étudiants abordent l’ensemble des 5 axes métiers, avec 5 semaines de modules de cours dédiés à chacun d’entre eux. Les étudiants ont également un projet par axe métier à réaliser.

En animation 3D par exemple, ils doivent modéliser, texturer et animer un personnage dans un décor qu’on leur fournit pour une animation d’environ 30°. Ce film sert de base de sélection pour les étudiants qui veulent ensuite rejoindre la filière animation 3D. Dès la 3ème année, les élèves suivent un stage de 5 à 6 mois en entreprise. La pédagogie se divise en apprentissages technico-­artistiques pour 80% et 20% d’enseignement de gestion de production.

Une des particularités du cursus est, qu’en plus des modules de cours, les étudiants doivent participer aux projets 3D de la BAP « Bourse Aux Projets » :Des entreprises du secteur proposent des projets. Après validation par l’équipe pédagogique de leur faisabilité, des équipes d’étudiants d’année 3 et d’année 2 sont constituées pour réaliser ces projets. Les BAP sont un des éléments les plus importants de notre pédagogie orientée projet.

En fin de 3ème année, les étudiants vont de nouveau effectuer un choix, cette fois entre 2 mastères : mastère « réalisation et animation 3D » ou mastère « gestion de production 3D ». La sélection se fait en fonction de leurs résultats, de leur showreel, de leur stage. En matière pédagogique, là encore cependant, certains cours restent communs aux 2 options. Les étudiants continuent de travailler ensemble sur les mêmes projets.

Il y a entre 3 et 4 projets à réaliser en 3 semestres et en mode « studio ». Cela signifie que tout le monde travaille sur l’ensemble des projets, à des postes définis -­ par exemple chargé de production ou infographiste. Mais chacun peut passer d’un projet à l’autre en fonction des besoins des productions. Exactement comme dans un studio !

L’avantage de ce mode de fonctionnement est que les étudiants vont apprendre à travailler en équipe et non en concurrence. Les projets sur lesquels collaborent nos étudiants sont désormais souvent des projets de commande, venant d’entreprises du secteur comme Cube Créative, Knightworks ou Atomic Digital Design. Nous sommes par ailleurs en train de réintroduire dans le cursus la réalisation de films de fin d’études que nous avions abandonnée il y a quelques années.

Emmanuel Peter : A l’IIM, nous poussons beaucoup nos étudiants à sortir de l’école pour participer aux évènements importants du secteur. Tous les ans nous allons au Paris Image Digital Summit à Enghien, à Laval Virtual et bien sûr à Annecy. Un autre aspect très important que nous développons depuis quelques années est l’ouverture de formations en alternance en années 4 et 5. Nous mettons en place un système dans lequel les cours ont lieu le matin et en entreprise l’après-­midi. Des contrats de professionnalisation sont passés avec les sociétés qui prennent en charge les frais de formation et rémunèrent l’alternant. Cette possibilité concerne environ 20% de la promo actuelle, surtout en gestion de production.

2) Qu’est-­ce qui, selon vous, vous distingue des autres écoles ?

Marc Bellan

Marc Bellan, responsable du programme Animation 3D

MB : Nous sommes particulièrement reconnus par les entreprises pour nos profils en gestion de projet. Le mode de fonctionnement en studio nous est très particulier et permet à nos diplômés de s’intégrer très rapidement dans une entreprise.

EP : Ce qui nous distingue aussi c’est de ne pas être qu’une école d’animation. Comme expliqué précédemment, l’animation est l’une des 5 filières de l’IIM. Et l’IIM fait par ailleurs également partie d’un groupe, le groupe Léonard de Vinci, créé en 1995 au cœur de la Défense, qui regroupe d’autres écoles : une école d’ingénieurs (ESILV), une école de management (EMLV) et un organisme de formation continue (ILV).

La présence de toutes ces écoles dans un même lieu crée une synergie de groupe qui est très importante pour nous. En tout, plus de 5500 étudiants se côtoient dans les locaux ! Nos étudiants en animation apprennent à travailler avec des profils différents, dans des contextes différents.

Par exemple, cette semaine à l’école, tous les 3ème années de nos 5 filières travaillent ensemble sur un projet construit avec l’éditeur Adobe dans lequel les équipes d’étudiants doivent concevoir un escape game : les étudiants en animation vont modéliser, ceux de la section e-­business vont réfléchir sur la campagne de communication et de promotion, ceux du jeu vidéo vont travailler sur le game concept.

Mais nous avons d’autres exemples encore plus largement ouverts puisque les étudiants de l’IIM sont aussi mélangés avec des élèves des autres écoles du groupe pour certains enseignements, notamment en « soft skills », c’est-­à-­dire les compétences comportementales. Les étudiants du groupe peuvent aussi se retrouver au sein des 45 associations qui existent à Léonard de Vinci dans tous les domaines possibles (loisirs, arts, culture…) ainsi qu’une trentaine d’associations sportives. Enfin, nous avons développé des partenariats avec des écoles d’animation à l’international, tel que le centre NAD de Montréal, qui nous permettent d’offrir à nos 3ème années la possibilité de passer leur année (cursus + stage) dans un pays étranger.

3) Vos locaux sont situés dans l’un des plus grands « quartiers d’affaire » d’Europe, à Paris la Défense, plus tourné vers les sociétés du CAC 40 que vers les studios d’animation. En tirez-vous malgré tout des avantages particuliers ?

Pôle Léonard de Vinci IIM

Entrée du pôle Léonard de Vinci à Paris la Défense

EP : Une grande partie de l’écosystème de l’animation est assez proche de notre emplacement : Cube à Levallois, Cyanide à Nanterre… Historiquement, c’est le département des Hauts de Seine qui avaient initié la création de ce pôle devenu privé par la suite. Paris La Défense reste tout proche du centre de Paris. Ainsi Mikros et Illumination Mac Guff sont à une demi-­heure en transport en commun ! Nos étudiants en animation sont également en contact avec des studios de jeux vidéo d’Ile de France. 25% de notre dernière promo travaillent dans ce secteur.

4) Quels vont être les changements pour l’IIM maintenant qu’elle appartient au RECA ?

MB : Le 1er avantage, pour nous, est de pouvoir participer avec les autres établissements aux réflexions sur la manière de former nos élèves dans ce secteur. Nous percevons le RECA comme un réel espace d’échanges entre les écoles mais aussi avec les studios. Être membre va également permettre à nos étudiants de participer à des évènements spécifiques et réservés : certains concours comme TFOU d’Animation ou le Disney Art Challenge, des évènements comme les Journées du RECA…

EP : Enfin, être accepté par le RECA est pour nous un véritable élément de reconnaissance. Ce n’est pas toujours facile pour un lycéen et ses parents de se retrouver dans l’offre foisonnante des écoles d’animation. Appartenir au réseau est une vraie référence pour les familles, tant en matière de sérieux de l’enseignement que de liens avec la profession. C’est aussi une référence pour le l’industrie de l’animation.

Le cinéma d’animation vous intéresse ? Retrouvez toutes les informations sur l’axe métiers Animation 3D de l’IIM ainsi que la conférence donnée sur le campus par Christine Mazereau, déléguée générale du RECA