Marouan, promo 2019, directeur artistique freelance en alternance

Nombreux sont les étudiants de l’Institut de l’Internet et du Multimédia qui se lancent en freelance tout en suivant les cours. C’est le cas de Marouan Es Sarhdaoui, en Mastère Direction Artistique de l’axe Création et Design. En alternance et à son compte, il évoque son parcours.

Passionné par la communication visuelle et la création, Marouan a découvert peu à peu la photographie urbaine en intégrant l’IIM. Son compte Instagram compte plus de 40 000 followers. Ce réseau social lui permet de gagner en visibilité auprès de certains clients. Konbini l’a d’ailleurs remarqué et a publié un article à propos de ses photos urbaines. Marouan collabore avec de nombreuses marques comme Adidas, Renault ou New Balance.

Découvrir un univers à l’IIM

En tant que freelance, je réalise beaucoup de projets  dans le domaine de l’art visuel. Quand j’avais 14/15 ans, j’ai commencé à me familiariser avec tous les outils d’art numérique et les logiciels de PAO. En explorant ces différents domaines, liés au visuel, j’ai eu envie de rentrer dans une école qui soit orientée vers la communication visuelle. En arrivant au Pôle, j’ai découvert l’univers de la Création et du Design, toute l’idée et le concept derrière un chef de projet en agence, un directeur artistique…

J’ai fait un bac S, mais je ne savais pas exactement ce que je voulais faire, je m’intéressais un peu au design. Je ne connaissais pas encore les vrais enjeux du domaine. J’ai toujours eu une passion pour l’art visuel. Depuis que je suis jeune, je suis sensible à l’esthétisme.

Avant d’entrer à l’IIM, je ne connaissais pas vraiment la photographie. L’aspect de communauté, et de notoriété, est né avec les réseaux sociaux. J’étais plus intéressé par le design et la communication visuelle. Finalement, la direction artistique et la photographie sont des domaines qui se complètent bien. Les recruteurs recherchent des personnes polyvalentes, qui amènent de nouvelles idées. La direction artistique englobe toutes les étapes de la conception : trouver l’idée qui permet de mettre en avant le produit, ou de le vendre, l’identité visuelle, les codes, les couleurs et l’ambiance.

S’intéresser à la photographie urbaine

J’ai rencontré un ami qui faisait aussi de la photo, il me disait qu’Instagram était le meilleur outil pour promouvoir son travail. Avant de me plonger dedans, je ne connaissais pas la photographie urbaine ou d’architecture. Quand j’ai commencé, je regardais des photographes basés principalement à New York. Ils prenaient des photos sur les toits, c’était incroyable.

Un photographe connu avait posté une vidéo où il parlait de son parcours. C’est à ce moment que le déclic est survenu. Il disait qu’il avait 17 ans. J’ai été surpris. Comment à cet âge-là, tu pouvais avoir accès à tous ces lieux ? Je croyais que c’était des professionnels qui avaient des autorisations, mais en fait pas du tout. C’était des jeunes qui faisaient du rooftoping. J’ai décidé de faire pareil, l’été entre ma première et ma deuxième année et je suis devenu beaucoup plus actif sur Instagram. Mon compte est devenu populaire et cela m’a poussé à continuer. Jamais je ne me suis dit que je finirais par décrocher des contrats grâce à Instagram.

Quand tu photographies de l’architecture, tu ne dépends de personne, tu peux le faire en solo, quand tu veux. Le côté exploration est intéressant aussi, tu découvres de nombreux endroits qui t’étaient inconnus auparavant. Le fait d’être à Paris aide beaucoup, l’architecture haussmannienne, c’est un plus.

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S’épanouir dans différents domaines à l’IIM

Un de mes amis m’a parlé de l’IIM et du Pôle Léonard de Vinci à la Défense. J’ai donc regardé sur Internet et l’école semblait très intéressante. Je suis venu faire un entretien personnalisé avec Amira, aux admissions. Elle m’a fait visiter l’école. J’ai rencontré un étudiant de troisième année qui est ensuite parti au Canada. Il faisait aussi de la photo et avait sa marque de vêtements. L’aspect polyvalent m’a plu.

C’est un lieu où tu peux t’épanouir à tous les niveaux.

L’avantage, c’est que tu as un projet en début de semaine, tu sais ce que tu dois rendre. C’est à toi de gérer ton temps. C’est un aspect que tu vas retrouver dans les métiers créatifs ou en freelance. Personne ne va te suivre et être derrière toi. À l’IIM, tu es responsabilisé très vite. Selon tes ambitions, tu es libre de faire ce que tu veux. C’est intéressant, car on est aussi amené à découvrir par nous-mêmes les différents aspects des logiciels. Avec les oraux, les BAP, on apprend tout l’aspect gestion de projet et comment vendre son idée.

La pédagogie par projet est un des points positifs majeurs de l’IIM.

Quand tu cherches toi-même des solutions, tu as tendance à mieux les retenir. Ici, tu acquiers un portfolio de compétences impressionnant. J’ai rencontré des freelances de mon âge, qui ne savaient pas faire de devis ou autre, alors que j’avais découvert cet aspect-là à l’IIM en deuxième année.

Deux années pour tester la vie de freelance

Depuis que je suis entré au Pôle, je suis en freelance. Au début, je faisais beaucoup de graphisme. Mes compétences ont évolué au fur et à mesure de mes expériences en cours et en agence. Cela s’est répercuté sur mon travail. Mes projets ont pris plus d’envergure. Grâce à Instagram, j’ai eu beaucoup de visibilité. Le réseau a crédibilisé mon travail dans un sens. J’ai aussi un portfolio en ligne qui présente tout mon travail : de l’identité visuelle, des photos, de la direction artistique ou même des vidéos. C’est le document que j’envoie quand je démarche mes clients.

Mon alternance, je voulais la faire, soit dans un grand groupe, c’est toujours bien pour démarcher ensuite, soit en freelance. Me lancer en freelance pendant ma formation, c’était une bonne idée pour moi. Au moins je ne perds pas d’année si je ne suis pas satisfait, et je reste productif grâce aux cours.

Pendant mon stage, j’ai travaillé six mois pour l’agence TBWA, un grand groupe publicitaire. J’ai vraiment apprécié mon expérience, j’ai eu la chance d’avoir de bons maîtres de stages. J’ai pu travailler sur des gros projets. Mais ensuite l’aspect routine, ce n’était pas pour moi, ça ne me correspondait pas. Ce qui était assez paradoxal, c’est qu’en parallèle, je shootais une campagne pour Adidas, à mon compte… J’avais la reconnaissance d’un grand groupe, où je faisais ce qui me plaisait sur le projet. Cela m’a donné envie de faire des travaux qui me permettaient d’avancer personnellement. Quand tu travailles en agence, tu as peu de temps pour tout faire.

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Des projets créatifs

Pour la campagne Adidas, c’était vraiment un concours de circonstances. Un de mes amis du pôle, Maximilien, a un groupe sur Facebook, Boost Market place, où tu peux vendre des chaussures. Il organisait un concours et avait envoyé un message à Ryad et moi, pour savoir si nous étions disponibles pour faire des photos. Nous avons donc fait un shooting photo à la Défense. Comme je privilégie les photographies urbaines, je n’avais pas posté ces photos sur Instagram mais je les avais postées sur Twitter, en identifiant Adidas. Le post a été retweeté, et au fur et à mesure, il a gagné en popularité. Adidas m’a contacté par la suite. Ils avaient apprécié mon travail et souhaitaient que l’on travaille ensemble. Je suis allé les voir et ils m’ont présenté le projet. Après cette rencontre, j’ai réalisé toute la campagne digitale NMD France et créé du contenu pour les événements de promotion.

Je prends mon temps pour expérimenter le plus de projets. Je choisis mes clients minutieusement, je sélectionne, je varie les domaines : de la photo, de la direction artistique, ou du design.

En même temps, je m’accorde quelques libertés. Je fais quelques projets avec le collectif qu’on a monté avec Quentin. Si je n’étais pas en freelance, je ne sais pas si j’aurais la disponibilité pour être présent avec eux. En novembre, j’ai aussi travaillé pour New Balance sport aussi. Actuellement, je fais de la direction artistique pour Renault. Dès qu’il y a un projet qui parait intéressant d’un point de vue créatif, je le prends. Il faut que ce soit un projet vaste, où tout n’est pas défini et j’ai la liberté de concevoir, tant sur la forme que sur le fond. C’est parfois plus simple de travailler avec certaines marques, comme l’horlogerie. Faire de la direction pour eux est très intéressant, en terme de liberté créative et de possibilité.

Un conseil ?

Le meilleur conseil que je peux donner, c’est de se lancer tout simplement. À aucun moment, tu n’es parfaitement prêt. Si tu pars du principe qu’il faut que ton site soit carré, que ton portfolio soit nickel, ton CV aussi, tu te lances dans alors un cycle infernal. Au final, tu ne seras jamais satisfait et ne feras rien. C’est aussi important de ne pas minimiser la charge de travail.

Quand tu en as envie, il faut se lancer et vendre son projet.

Ce n’est pas grave de refuser des contrats, surtout quand ce n’est pas intéressant ou que tu n’es pas mis en valeur. J’en ai vu, comme ils sont nouveaux dans le milieu, ils ont tendance à vendre leur service à bas prix et à tout accepter. Ils pensent parfois qu’il y a trop de concurrence. En réalité, si tu fournis un travail de qualité et que quelqu’un veut ton travail en particulier, il y mettra le prix.

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