Innover ou mourir ?

Star Trek, Retour vers le futur, Minority Report… Et si la Science-fiction devenait la réalité d’aujourd’hui et de demain ? Matthieu Deboeuf-Rouchon, responsable des départements « Développement web » et « communication digitale et e-business » de l’IIM s’intéresse à l’innovation en entreprise, pré-requis à l’adaptabilité de ces dernières face à leurs consommateurs.

Notre société française dispose d’un handicap majeur, celui de ne pas mesurer l’importance du changement, ou plutôt l’importance de changer son mode de fonctionnement. Les organisations économiques de toutes parts, en sont conscientes. Pourtant, elles sont encore nombreuses à se poser des questions, à discuter, à réfléchir au lieu d’agir, de se transformer ou encore de s’adapter à ce futur qui nous parait si loin. Futur qui, en réalité, prend racine dans notre présent et qui nous amène à penser que la science-fiction appartient à une autre époque.

Star Trek vous a fait rêver avec le voyage dans l’espace ? Désormais, vous pouvez voler et toucher les étoiles grâce aux services de la société canadienne uniktourspace.com. Fan de Marty Mcfly et de son overboard ? Le rêve devient réalité grâce à Hendo qui vous propose ces planches « volantes » pour quelques milliers de dollars. Le crime prédictif dans minority report vous a surpris ? C’est une réalité dans de nombreuses villes comme Memphis ou la criminalité a baissé très significativement après la mise en place du système Blue C.R.U.S.H d’IBM. En résumé, oui, la science-fiction est morte !

Comment donc innover ? Comment recruter les compétences aujourd’hui qui feront notre succès demain ?

Transports, matériaux, énergies, objets connectés, biotechnologies, santé, data… Pas un secteur ne peut faire l’économie de l’innovation, le prérequis à sa survie économique. Innover ou mourir, telle elle la question !

Nous avons été, durant les dernières décennies, habitués à une évolution technologique constante et linéaire. Évolution nous permettant d’adopter ces nouveautés et de les exploiter dans un contexte professionnel face à un consommateur plutôt constant dans son parcours d’achat.

Nous sommes aujourd’hui à un point de rupture si fort que les évolutions technologiques vont plus vite que notre capacité à les exploiter professionnellement parlant, parfois même à les comprendre. Le consommateur, lui, les adopte plus rapidement et les exploite à un rythme d’acceptation si rapide que les marques ne suivent plus !

L’innovation commerciale, managériale ou encore produit est donc l’affaire de tous et c’est avec cette phrase que nous devrions accueillir chaque nouveau collaborateur « Si vous ne créez pas les produits qui nous tuerons d’autres le feront pour nous ».

La solution pour demain : l’humain – La compétence : la curiosité

Pas un secteur ne peut faire l’économie de l’innovation pour lequel il convient de repenser totalement son organisation managériale et son business model. Les solutions miracles n’existent pas. Innover et disposer des compétences pour y parvenir est incontestablement un ADN de groupe à cultiver et non une communication par voie hiérarchique incitant à innover.

L’innovation n’est plus l’apanage du département R&D ou marketing, c’est l’affaire de tous, de toute l’organisation humaine qu’une organisation économique forme.

C’est ainsi que l’on crée une culture d’entreprise, seul élément à perdurer quand tout le monde est parti !

Les transports de demain seront autonomes, commandés par une intelligence artificielle.

Deux éléments sont donc intéressants à analyser. En premier lieu, comment gérer les problèmes d’assurance lors d’un accident. En incriminant le conducteur qui ne conduisait pas ? L’opérateur data ? Le constructeur ? Les chantiers de réflexion sont en cours chez la plupart des assureurs français, pourtant cette voiture intelligente est déjà là ! En deuxième lieu, que faire de ces 5 millions de travailleurs dans le transport (donnée Amérique du nord) qui se retrouveraient à terme sans travail ? Autre question qui nous amène à réfléchir sur la place de l’IA et des robots dans notre quotidien.

Un domaine impacté de plein fouet par l’innovation et à la portée des « barbares » de façon constante est l’industrie de la santé et la biologie qui ne sont pas en reste.

Les opérations très techniques se pratiquent déjà à distance depuis plusieurs années sur de nombreux êtres humains ; les puces RFID sous-cutanées commencent à être implantées.

Nous avons dépassé depuis quelque temps déjà le point de non-retour. La technologie nous offre des possibilités infinies, presque sans limites, si bien que l’éthique devra être au coeur de l’innovation, l’homme ayant souvent la tentation de se prendre pour Dieu.

Enfin, la data sera le dénominateur commun de notre futur.

Cet or noir inépuisable, sans cesse alimenté par l’humain lui-même au travers de son comportement, est devenu la clé de l’anticipation prédictive. Divorce, maladie… tout est déjà écrit à l’avance, dans une probabilité plus ou moins certaine, mais que nous sommes capables de prédire.

Reste à aborder un sujet épineux qu’est la règlementation tardive sur ces sujets et bien entendu l’éthique qui fera couler beaucoup d’encre dans de nombreuses tribunes.

 Article publié dans le Monde des Grandes Écoles en janvier 2017