Les 20 ans de Céline Lazorthes, fondatrice de Leetchi, IIM promo 2007

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2009 : Céline Lazorthes crée Leetchi, la cagnotte en ligne. Avant de connaître le succès, elle a étudié à l’IIM. Une interview dans l’Étudiant retrace son parcours. Extraits.

Comment choisissez-vous votre orientation ?

J’avais eu « la » révélation quelques années plus tôt, en 1998, quand j’étais en troisième. L’accès à Internet a changé ma vie ! J’ai découvert mon côté « geek » et j’ai compris que je voulais travailler dans ce domaine, sans bien savoir quoi y faire.

Au final, je suis montée à Paris, à l’EPITA [École pour l’informatique et les techniques avancées], une super école d’informatique au Kremlin-Bicêtre [94] dont j’intègre la classe prépa. Mes parents me paient un studio sympa et je n’ai pas à travailler en parallèle de mes études. Je m’épanouis en montant un bureau des élèves, et en en devenant la vice-présidente. Je m’éclate à trouver un logo, des sponsors, à organiser des événements… En même temps, je trouve le cycle ingénieur trop technique. Je ne veux pas devenir développeur, et passer ma vie à coder.

L’accès à Internet a changé ma vie ! J’ai découvert mon côté « geek » et j’ai compris que je voulais travailler dans ce domaine.

En avril 2003, un entretien avec une conseillère d’orientation, à l’extérieur de l’école, me fait bifurquer : elle me parle de l’IIM [Institut de l’Internet et du multimédia] du pôle Léonard-de-Vinci, à Paris-la-Défense [92], une école privée. Après un deal passé avec mes parents, décidément très arrangeants, j’intègre l’école, directement en deuxième année, en septembre 2003. J’en sortirai diplômée en 2007, après avoir beaucoup travaillé, surtout en dehors de l’école : je crée plusieurs sites Internet en freelance, je fais le plein de conventions de stages. […]

Pourquoi avoir poursuivi vos études après ce diplôme à l’IIM ?

J’avais beaucoup aimé les cours concernant la création de business plan. J’avais fait mon stage de fin d’études durant six mois chez Eyeka, où il fallait fédérer une communauté de photographes et de vidéastes de qualité.

Je me suis dit qu’il manquait quelque chose à mon parcours pour faire ce que je voulais. Donc, j’ai intégré HEC en master digital business, sur dossier et concours, tout en achevant mon stage chez Eyeka. Un vrai challenge tellement j’étais débordée de travail.

Comment vous est venue l’idée de créer Leetchi ?

En dernière année d’études, j’ai organisé le week-end d’intégration de la promotion. En clair, cela voulait dire : « Trouver un financement pour partir faire la fête ! » J’ai compris à ce moment-là qu’il n’existait aucun service pour collecter de l’argent. Quand je suis sortie diplômée de HEC, en juin 2008, je tombe en pleine crise financière. Avec un marché aussi morose, les perspectives de trouver du boulot étaient minces.

Mes parents ont accepté de me sponsoriser un an de plus, le temps que je monte mon projet. J’ai travaillé sur un prototype, dessiné des maquettes, réfléchi et obtenu une aide étudiante de 20.000 € chez Oséo. Pour le nom, je cherchais quelque chose qui évoque le bruit que font les pièces de monnaie lorsqu’elles s’entrechoquent, comme « cling »… Un soir, j’ai réuni des amis autour d’un apéro pour un brainstorming. Je voulais un nom court, facile à retenir et international. Un ami m’a dit : « Et pourquoi pas celui d’un fruit dans la lignée d’Apple ou Orange ? » On s’est dit que ça avait plutôt porté chance. C’est comme ça que Leetchi est né.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui auraient envie de suivre vos traces ?

Il faut se lancer ! On apprend à marcher en courant, donc, il ne faut pas hésiter à changer son destin, à vouloir vivre ses rêves. Surtout quand on vient, comme moi, d’une génération qui n’a connu que la crise.

Et il ne faut pas oublier que l’entrepreneuriat est un formidable ascenseur social. Aujourd’hui, avec ma société qui est présente dans 150 pays et qui compte 10 millions de clients, j’ai l’impression de changer le monde et de ne pas travailler.

L’interview en intégralité sur L’Etudiant

Crédit photo : L’Etudiant