Oumar Kakou, promo 2014 du Bachelor en Communication Visuelle, au Prix du Jeune Entrepreneur

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J’ai choisi l’IIM car je suis issu d’études secondaires dans un domaine artistique. À l’époque j’avais plusieurs projets de créations que je voulais réaliser, comme une enseigne de mode et d’autres projets encore sur le feu. Il me manquait une compétence en communication, j’ai donc choisi l’IIM et la communication visuelle comme axe numérique.

J’ai été chef de projet dans l’agence MDR, l’agence web, et ma seconde BAP en tant que chef de projet s’appelait « cookn », un projet proposé par Nicolas Forges et Charlotte Moissonnier. J’avais en charge une équipe de 2 personnes, Julien Bonnetaud en 2ème année web et Alexia Fornage en 2ème année en communication visuelle.

Quand la BAP a été proposée, le projet était juste une simple idée :  » À travers un réseau social pouvoir donner un avis, une suggestion, ou une idée sur un sujet, en citant une marque par exemple et faire voter les utilisateurs du réseau par un vote binaire, « oui ou non ». Le but serait de donner du poids à cette suggestion afin que la marque citée puisse adapter son fonctionnement d’après l’avis de ses clients ».

Sur cette exercice rien n’était fait, le nom n’était même pas définitif, il y avait donc beaucoup à faire. Trouver un nom et un logo, trouver un cœur de cible car le concept s’adresse finalement à tout le monde : ce qui sous-entend faire une étude de marché, améliorer et adapter le concept à la cible, avoir une identité visuelle, faire la conception etc. Au début, l’exercice ressemblait beaucoup à un appel d’offre. Même si les clients, Charlotte Moissonier et Nicolas Forges, n’attendaient pas un produit final très complet de la part d’étudiants, ils espéraient au moins une concrétisation visuelle de leur idée. J’ai donc réfléchi à tout cela avec eux, vu l’ampleur du projet et le peu de temps que nous avions, je les voyais toutes les semaines, tous les samedi à 10 heures, pendant 4 mois. Après ces 4 mois de collaboration, Nicolas et Charlotte m’ont proposé de sortir du cadre pédagogique des bourses aux projets et d’être associé avec eux sur ce projet naissant.

À la base, l’idée du réseau social avait été imaginé au format web. Nous sommes donc partis dans cette direction tout au long de la BAP, mais les études réalisées montraient qu’il était évident que le projet soit une application mobile pour être viable. Sauf que techniquement Julien Bonnetaud était très bon en web mais n’avait jamais codé sur mobile.

Aujourd’hui l’idée a évolué et s’est concrétisée. Donc en plus de pouvoir donner du poids à une communuté, Pleb’R, nom inspiré de la plèbe romaine qui était une assemblée du peuple réclamant un droit de vote sur les décisions de Rome (462 av j.c), est un réseau social d’expressions participatives où l’on peut connaître l’avis de personnes sur une idée, une création, ou un projet que nous voulons réaliser ou simplement connaître la réponse à une question, toujours grâce au vote binaire.

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Un réseau qui s’adresse aussi bien aux professionnels voulant savoir directement auprès de leur clientèle si leur projet est viable, qu’aux particuliers souhaitant avoir des avis quelconques, savoir si leur nouveau look plait à tous, savoir si d’autres passionnés apprécient leur nouvelle création et s’ils peuvent les conseiller, et beaucoup d’autres exemples de notre vie quotidienne où l’on aimerait connaître les différents avis de personnes autre que notre famille et nos amis.

Après la BAP, nous avons décidé de faire les concours d’entrepreneur, de start-up et nouvelles créations, déjà pour nous faire connaître et savoir si le projet était viable, et surtout afin d’avoir un financement. Le prix du jeune entrepreneur de France est un concours national, organisé par le journal La Tribune, destiné au moins de 38 ans. Celui-ci qui récompense les entrepreneurs Français dans 7 catégories différentes, green, start, social, numérique, etc.

Le concours est en 3 étapes, la première est la mise en ligne du dossier. Pendant 1 mois un nombre indéfini de candidats se présentent par région et par catégorie et subissent les votes du public. La deuxième étape est la finale régionale où les 3 meilleurs projets régionaux de chaque catégorie concours pour assister à la finale nationale. La dernière étape est la finale nationale à Paris où chaque gagnant régionale défend son projet dans sa catégorie.

Nous étions dans la catégorie « start ». Nous nous sommes arrêtés à la finale régionale Nord Est, mais c’était une très bonne expérience! Le prix national est tout simplement l’aide à la réalisation du projet.

Au début du projet, quand j’ai vu le pitch du client pour la première fois et l’équipe qu’on était, j’avais assez peur car étant en communication visuelle, pour moi ce projet dépassait totalement mes compétences web qui s’arrêtaient au langage html/css et php. De plus notre équipe d’étudiants était plus que réduite. En moins de 4 mois, nous devions réaliser un réseau social avec un seul chef de projet graphique, un seul web, Julien Bonnetaud et une seule graphiste, Alexia Fornage.Sans compter les cours et autres projets scolaires à côté que nous avions tous les 3.

Graphiquement j’ai pu travailler mais niveau web, Julien Bonnetaud était presque livré à lui même. Même si nous arrivions toujours à trouver des solutions ensemble, il n’avait jamais réalisé un projet aussi poussé techniquement et de ce côté ne pouvait pas compter sur moi pour avoir une aide. Nous avons finalement réussi le projet, et au moment où je me suis rendu compte que l’exercice était bien plus difficile que prévu car c’était la réalisation de tout un concept que nous devions faire à 3, j’étais déjà en train de présenter le projet fini devant le jury. J’ai pris beaucoup de plaisir à faire ce projet donc finalement je ne me suis pas rendu compte de sa difficulté, alors qu’au début je me disais que je n’allais pas y arriver, je pensais même à changer de projet.

Si tout va bien, début avril, je pars un an et demi au Canada afin d’avoir un diplôme de langue en anglais. À mon retour j’espère beaucoup de chose que ce soit avec Pleb’R ou d’autres formations, mais j’espère aussi reprendre la création de Jokn’Style mon enseigne de mode avec laquelle j’ai toujours de nouvelles idées.

Je vais être franc : au fond, tout ce qu’on nous apprend de technique à l’ IIM, on pourrait l’apprendre dans une autre école ou derrière un ordinateur en regardant YouTube, en tout cas jusqu’en 3ème année. Donc si on vient juste pour avoir un diplôme et faire un métier plus tard, l’IIM est une bonne école, mais le prix à payer est peut-être important juste pour un bout de carton. En revanche si on veut vraiment, avoir une vraie expérience communautaire, toujours avoir un défi à réaliser, quelque chose de nouveau à apprendre, ou juste découvrir et s’impliquer, je pense sincèrement que l’IIM est une très bonne école.

En 3 ans et demi pour ma part, j’ai énormément appris, notamment grâce à la vie associative, à certains programmes et cours mais aussi grâce à l’atmosphère générale assez libre qui nous pousse toujours à en faire plus. Après mon bac, j’aurais jamais imaginé, pouvoir créer un e-commerce par exemple avec simplement les compétences apprises en année préparatoire, ni faire partie du bureau d’une association de photographie. Personnellement avant l’IIM je ne pensais pas qu’il était aussi facile d’apprendre quand on est passionné.

J’ai appris beaucoup de choses à l’IIM en écoutant aussi bien les intervenants que les élèves. Je pense que c’est l’une des forces de l’école. Si l’on est pas passionné, on repartira avec juste un bout de carton en guise de diplôme, et pour ça, il y a beaucoup d’écoles qui font la même chose.