Néoxys, fondateur des chaines YouTube Trash et Pokémon Trash, transmet son savoir aux étudiants de l’IIM

neoxys trash pokemon - Néoxys, fondateur des chaines YouTube Trash et Pokémon Trash, transmet son savoir aux étudiants de l'IIM

Laurent Cardon, plus connu sous le nom de Néoxys sur Internet, est à l’origine du site web Pokémon Trash et de la chaine YouTube du même nom. Influenceur aux millions de followers, il intervient à l’IIM dans le cadre du cours électif « Devenir Influenceur ? ».

Le module « Devenir Influenceur » a pour but d’enseigner aux futurs professionnels du digital comment travailler avec des influenceurs dans le cadre d’une marque : des enjeux indispensables dans le secteur du digital actuel. Néoxys est à la fois webmaster, YouTubeur et influenceur. Son site Pokémon Trash est le premier site Pokémon français en terme de référencement. La chaine YouTube Pokémon Trash qu’il gère au sein d’un collectif compte aujourd’hui plus de 820 mille abonnés, et l’autre chaine du collectif, Trash, plus généraliste, cumule 1,77 millions d’abonnés.

Comment s’est développé le site Pokémon Trash, premier site de Pokémon français ?

Au début, je voulais être professeur à l’université, car j’ai toujours aimé la recherche. J’ai donc fait un master 2. Cependant, j’ai toujours eu une grande affinité pour le digital, mais il n’y avait pas beaucoup de cursus qui me correspondait à l’époque. J’ai alors appris sur le tas, surtout grâce au site Pokémon Trash que j’ai créé au lycée, en 2006. A la base, le site était plutôt axé « potins » Pokémon. C’était surtout des réflexions autour du jeu, des anecdotes, etc.

Puis je me suis rendu compte qu’il manquait vraiment un site d’astuces et de codes pour les jeux Pokémon. A partir de la génération 4 de Pokémon (Diamant & Perle), j’ai donc choisi d’orienter le site vers des astuces pour aider les joueurs. C’est en partie ce qui a permis au site de se démarquer des autres.

Ma team et moi, on ne voulait pas faire pareil que les concurrents. Pour que le site se fasse connaître, j’ai eu recours à des techniques de référencement très poussées, ce qui n’était pas toujours très bien vu…mais ça a payé, puisque au fur et à mesure, le site a de mieux en mieux fonctionné. Maintenant, avec mon activité sur YouTube qui a découlé du site, j’arrive à gagner ma vie.

Comment le passage de Pokémon Trash sur YouTube s’est-il passé ?

« Qu’est-ce que le Pokérus ? » Car oui, même l’attaque abri ne peut pas protéger  les Pokémons des virus !

Lorsque j’ai voulu passer au format vidéo, j’ai d’abord tenté Dailymotion en 2006. Nous faisions beaucoup de vues (environ 20 000 par vidéo), mais le fait qu’on ne soit pas rémunérés sur Dailymotion a vite posé problème. C’est en 2013 qu’on s’est tournés vers YouTube. Au début, je n’y croyais pas trop, car à cette époque, YouTube n’était pas vraiment l’endroit pour le genre de contenu qu’on voulait faire. Puis quand YouTube a changé de design et a encouragé le développement de nouveaux types de contenus, comme les podcast type Norman fait des vidéos, on s’est dit que c’était l’occasion.

Avec la variété de sujets que proposait le collectif, la chaine Pokémon Trash a tout de suite bien fonctionné, mais j’avais envie de faire plus que du Pokémon. J’ai donc créé la chaine YouTube Trash, plus généraliste, ouverte à divers sujets de la pop-culture et même scientifiques.

Nous avons ensuite développé la chaine Néo Trash, plus pour le délire cette fois-ci, sur laquelle j’étais presque le seul à publier du contenu. D’un commun accord avec le reste du collectif, elle est plus ou moins devenue ma chaine personnelle. J’ai d’ailleurs de futurs projets pour cette chaine, qui verront le jour très bientôt.

Comment se passe la vie d’un YouTubeur influent ?

« Y’a quoi sous l’Antarctique, le Sahara ou la plage ? »

Personnellement, je me suis donné une mission sur YouTube : faire que les gens s’intéressent de savoir comment fonctionne le monde. J’ai envie d’apporter une approche universitaire, scientifique et rationnelle, là ou la tendance aujourd’hui est plus à la superstition et à l’ésotérisme. C’est pour ça aussi que j’ai tant voulu élargir ma présence sur YouTube à des sujets scientifiques. Je veux vraiment apporter une réflexion à mes followers, peu importe le sujet, que ce soit sur Pokémon ou l’uranium radioactif. Les simples tops où on ne fait qu’aligner les faits à la suite ne m’intéressent pas. Pour trouver mes sujets, l’inspiration me vient en lisant des articles. Je cible un détail en particulier que je trouve intéressant à développer et le contextualise dans une vidéo plus large.

La vie d’un YouTubeur est pleine d’angoisse et d’incertitudes. La concurrence est extrême et sans limites. Tu ne peux jamais être sûr que le sujet que tu travailles n’a pas déjà été fait…il faut toujours rester actif. Chaque sortie de vidéo est un stress énorme, on ne sait jamais comment les gens vont réagir, surtout dans le monde actuel ou tout ce que tu dis peut être détourné sur les réseaux sociaux.

Mais être YouTubeur, c’est aussi avoir la liberté dans ton travail. C’est une aventure exaltante, pleine de rebondissements….c’est un peu comme un RPG ! Tu as des stats, des objectifs, de la progression, etc. C’est une activité gamifiée, qui me correspond bien.

J’ai toujours eu l’âme d’un pédagogue, et ce que je fais sur YouTube me permet de transmettre mes connaissances en mes termes, chose qui n’aurait pas été possible si j’avais travaillé dans l’éducation nationale.  J’ai toujours eu cette soif de connaissance : quand j’étais plus jeune, j’avais carrément un tableau Excel qui listait tous les films, les jeux, les livres etc. que je devais explorer pour parfaire ma culture. Je veux donner ce goût d’apprendre, cette curiosité aux followers.

Trash a récemment connu un coup dur, comment as-tu géré tout ça ? Comment conserver une bonne e-réputation quand on est au cœur d’un « drama » ?

Ce qui s’est passé récemment au sein du collectif est un sujet encore trop brûlant pour en parler vraiment à tête reposée, je ne pense pas encore avoir le recul nécessaire. Pour revenir sur les faits, quelques membres du collectif ont pris la décision de partir en postant des vidéos sur YouTube intitulées « Je quitte Trash », ce qui a fait un sacré buzz sur les réseaux.

Être au cœur d’un drama, c’est devoir faire face à la violence, que ce soit sur les réseaux sociaux, au téléphone ou même dans la rue. Tout le monde est au courant, les gens te jugent, et c’est beaucoup de haine. La meilleure solution est alors de couper les réseaux, de demander à quelqu’un de t’aider à gérer tout ça. Dans mon cas, c’est mon meilleur ami qui m’a soutenu, et m’a conseillé de ne pas répondre tout de suite aux accusations pour éviter de dire n’importe quoi sous le coup de l’émotion.

J’ai fini par expliquer pourquoi ce départ était inéluctable, car les membres du collectif avaient un besoin d’émancipation. Les collectifs sur YouTube ne sont pas viables : ça a des avantages c’est sûr, car tu as des gens qui te soutiennent, mais à côté de ça, partager la « gloire » et les revenus posent toujours des problèmes dans un collectif. Par exemple, les gens nous connaissent comme « Trash », et dans la rue, on ne nous appelle jamais par nos pseudos. Le collectif prend le pas sur nous, et si cela ne me pose pas de problème, certains membres du collectif ont fini par vouloir se construire par eux-même, ce qui est parfaitement compréhensible.

Le drama « Je quitte Trash », c’est en vérité beaucoup de bruit pour rien, car globalement, tout le monde est parti dans le calme sauf quelques membres, un peu plus virulents. Mais c’est eux qui ont retenu l’attention de la sphère digitale. Les gens aiment les dramas. Les vidéos « Je quitte Trash » ont fait beaucoup parler, et ont généré de bons revenus à ceux qui les ont postées…mais au final, eux aussi ont eu des retombées négatives. Les gens ont fini par fonder des camps, des pro-Trash, des anti-Trash, etc. alors qu’il n’y a pas de division à avoir, il suffisait juste d’en parler. C’est incroyable à quel point tout prend de l’ampleur sur Internet. C’est quelque chose à surveiller quand on travaille dans le digital.

Pourquoi est-ce important pour toi d’intervenir à l’IIM ?

A la base, je voulais être enseignant. Intervenir dans des structures comme l’IIM me permet de me glisser dans la peau d’un professeur et d’enseigner de manière ludique et interactive. J’aime les valeurs de l’IIM, le cursus plonge vraiment les étudiants au cœur du digital.

La transversalité est aussi un facteur qui me plaît, et ce module regroupe des étudiants de tous les profils, qu’ils soient aspirants YouTubeur ou juste curieux de savoir comment utiliser YouTube dans le cadre professionnel.

Je leur conseille vraiment, s’ils souhaitent se lancer dans l’aventure YouTube, de mettre leur égo de côté. Il ne faut pas penser à l’image qu’ils vont véhiculer, mais plutôt aux sujets qu’ils veulent traiter. Il faut faire des vidéos par envie de transmettre son savoir, par passion, et non pour se faire bien voir. En ce qui concerne l’e-réputation de manière générale, il faut vraiment réfléchir avant de poster quoi que ce soit sur les réseaux sociaux. Quand on travaille au sien d’un groupe ou d’un collectif, il faut soigner la communication des membres pour éviter tout malentendu ou bad buzz. Quant à l’humour….et bien disons que si tu penses que ta blague va plus offenser qu’amuser, c’est que c’est peut-être pas si pertinent que ça de la poster.

Intéressé(e)s par la Communication Digitale ? Retrouvez tous les axes métiers sur le site de l’IIM, Grande École du Digital.